le Pic de Bure
La semaine de ski de randonnée et de raquettes de Vertical12 dans le massif du Dévoluy a réuni dix skieurs et raquettistes du 16 au 23 mars 2013. Massif des Préalpes du Sud face au Champsaur, le Dévoluy offre un bel éventail de courses avec ses 3 principaux sommets l’Obiou, 2 789 m, le Grand Ferrand, 2 758 m et le Pic de Bure, 2 709 m, et son célèbre plateau où se situe l’interféromètre de l’IRAM.
Le manteau neigeux, très dur, est devenu stable après une période de redoux. Dimanche, le vent du sud nous contraint à renoncer au cours de la sortie au Mt Chauvet et se termine par un exercice de recherche de DVA au col de Festre. Une importante dépression est annoncée pour la nuit de dimanche à lundi.
Pas déçus ! Lundi matin, de 40 à 60 cm de fraîche blanchissent tout le massif. Magnifique spectacle mais risques d’avalanche considérables ! Toute la semaine, le Bulletin de Risques d’Avalanches (BRA) oscillera entre les risques 3 et 4 sur presque tous les versants. La température reste basse et les chutes de neige avec vent tournant vont ponctuer le séjour. Un fort risque de déclenchement naturel ou humain menace sur les pentes supérieures à 30°, voire 25°. Sous les crêtes se sont formées de nombreuses plaques à vent. Le manteau neigeux présente un manque de cohésion entre les couches anciennes, durcies par la pluie qui a percolé et le regel, et l’épaisse couche de fraîche récente. Tout ça ne demande qu’à partir.
Et pourtant nous avons skié toute la semaine.
Les courses sont préparées après consultation de différents sites de météo, du BRA, de la direction du vent, de l’orientation et de l’exposition des pentes.
Nous préférons les larges vallons, loin des fortes pentes. Certes cela peut s’apparenter parfois à du ski de fond : col du Rabou (1 888) via la Jas des Barges... départ skis aux pieds depuis le gîte de Saint Etienne-en-Dévoluy.
Au col de la Saume (1 704), nous faisons une coupe du manteau neigeux : pas de gobelets mais une couche fraîche de 60 cm sur une couche dure de 1,5 m. Le test du coin illustrera le glissement de la 1re sur la 2nde au passage du skieur. A la vue de ce spectacle, un ange passe sur le groupe !
Les consignes de sécurité sont respectées à la lettre, notamment le respect des distances entre skieurs dans les passages douteux. Nous prenons l’avis des habitants proches des courses envisagées et nous le suivons. Les courses sont analysées au travers de la méthode du 3x3 (état de la neige, du terrain et des participants). Le croisement de ces indicateurs nous amène parfois à modifier notre objectif (course ou itinéraire).
à la Crête de l’Étoile
La montée à la Tête des Ormans est abandonnée au profit du col de Lauteret (1 754) moins pentu.
La face sud du Gigon nous cligne de l’œil depuis notre arrivée. Nous allons lui préférer la large pente est de la Crête de l’Étoile (2 250) moins raide, parcourue la veille par d’autres skieurs sans rien déclencher.
Notre dernière course nous entraînera dans les vallons nord du tour de la Crête d’Âne. Nous traçons à la montée par le vallon d’Âne, en respectant les distances, dans un site remarquable au pied du Pic de Bure. La descente par le vallon Froid, sans traces, nous offre une poudre de rêve.
La semaine s’achève par cette course sauvage et une soirée conviviale au gîte Les Auches où Franck, propriétaire et cuisinier, nous a réservé un chaleureux accueil.
— Aurélie et Fernando














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