Une semaine dans le Queyras
Par Vertical12 le mardi 26 avril 2011, 18:49 - montagne - Lien permanent
Après un long périple (train, voiture) et une pause au col du Lautaret arrosée
d'un brin de génépi nous arrivons au fond du Queyras (à prononcer Kéra sans l's
final) près de la frontière italienne exactement au Roux d'Abriès. Comme
toujours en de telles occasions nous croulons sous les bagages, nous revêtons
nos chaussons (d'intérieur) et l'installation commence.
Nous commençons une semaine de formation d'initiateur au ski de randonnée et bien malgrè nous la compléterons par une semaine d'étude sur la propagation des virus au sein d'un petit groupe en milieu montagnard.
L'universalité de la beauté des montagnes avec les couleurs et les premières senteurs de printemps nous étreint comme à chaque fois. Le gîte domine la vallée d'Abriès, les cimes sont enneigées, le ciel d'un bleu opale, tout semble réuni pour une semaine de rêve.

Le groupe est composé en majorité de parisiens auxquels se sont joints deux Grenoblois. Il se divise en deux groupes, ceux qui sont en formation d'initiateurs (5) et les <<débutants>> au nombre de trois. Nous sommes encadrés par Romain, guide de haute montagne à Chamonix (et aussi un peu Parisien) et Fernando, président de V12.
Une vie très réglée s'établit. Petit déjeuné à 7h00, imposé par le gîte, départ entre 7h30-8h00 pour les courses à ski, fin des courses vers 14h00, installation au café d'Abriès pour le débriefing avec convergence vers la consommation suivante: un café et deux boules de glace à la vanille ! (Le dernier jour les consommations nous seront offertes) retour au gîte, douche, re-débriefing, exposés des initiateurs, apéro, dîner à 19h30 puis préparation des courses du lendemain avec récupération de la météo sur internet et visite de Skitour pour se donner des idées. On notera que les soirs de préparation, on pourrait se croire dans une start-up, ordinateurs portables en nombre, connexion Wi-fi, cartes étalées sur les tables. Les grenoblois sont manifestement plus aguerris que les parisiens, Skitour, sites météo, logiciels de tracé de courses n'ont pas de secrets pour eux. L'isotherme zéro va monter toute la semaine et les bulletins de neige identiques en risque 2-4 vont se succéder chaque jour. Le dernier jour nous entendrons et verrons les premières marmottes au soleil.
Pour dérégler cette belle mécanique, il suffit ensuite de laisser la montagne agir et s'amuser à vouloir ne pas ressembler à son image de papier fournie par l'IGN. Il faut dire que la perversion des montagnes du Queyras c'est la forêt de mélèze, un piège à la montée où il est facile de se perdre et un piège à la descente quand la neige est devenue lourde profonde et impossible à skier sauf pour le guide chamoniard et Bastien le grenoblois (qui skie cependant trop serré). Bref, un premier groupe ratera son chemin et finira sur une autre course que celle prévue initialement. Et l'incident dit de la clairière viendra perturber une autre course. Pour résumer, Les deux initiateurs partent chacun sur deux pistes sans se concerter, l'encadrant s'éloigne vers une position plus ouverte pour voir où il est. Restent au milieu de la clairière les trois débutants un peu abasourdis car eux savent où ils sont ! La course se termine cependant par une magnifique arête que nous suivons vers le sommet et par une descente dans une neige de qualité optimale (si, si, Romain, elle était trop bien notre neige). Pour être complet il faut rajouter que nous étions ce jour-là accompagné par Momo (guide) tout juste remis d'une opération du genou mais qui resta juste en observateur silencieux et manifestement amusé de la situation.

Cette succession de courses où les initiateurs passent par binôme avec les débutants est bien sûr riche d'enseignements. Romain n'est pas dans un rôle de guide mais dans un rôle d'enseignant. Il va sans dire qu'il maîtrise son domaine à la perfection mais qu'il est soucieux de la transmission de son savoir et sait alterner causticité, sérieux, ironie et pédagogie. Bref, si un chef de l'Ensa tombe sur ce blog, il saura où trouver un prof de talent.
De tout cela, j'aimerais pour ma part retenir principalement le point suivant : il faut être rigoureux, prévoyant, attentif à la sécurité, ponctuel mais ne pas laisser cela déborder vers le stress et toujours avoir présent à l'esprit qu'on est en montagne pour le plaisir d'y être et de savourer ces instants. Si on emmène des débutants en montagne pour du ski de randonnée notre objectif doit être qu'ils aient ensuite envie d'y revenir.
Le stage se termine par un dé-briefing final avec tour de table, le truc que je déteste le plus au monde (il y a deux sortes de matheux, les autistes et les autres). Tous les initiateurs sont validés, même si pour certains il leur est conseillé une saison en co-organisation. Les débutants se mettent à penser qu'à leur tour ils pourrons revenir pour devenir initiateurs. Nous repartons vers le monde bruyant et animé de la capitale. Dans leur housse mes Shaman Movement (skis) s'endorment, ils rêvent peut-être du jour où ils se transmuteront en Volkl. Je me mets à repenser au Japon et à Fukushima. Paris à un air de printemps et de fête. JPC
Nous commençons une semaine de formation d'initiateur au ski de randonnée et bien malgrè nous la compléterons par une semaine d'étude sur la propagation des virus au sein d'un petit groupe en milieu montagnard.
L'universalité de la beauté des montagnes avec les couleurs et les premières senteurs de printemps nous étreint comme à chaque fois. Le gîte domine la vallée d'Abriès, les cimes sont enneigées, le ciel d'un bleu opale, tout semble réuni pour une semaine de rêve.

Le groupe est composé en majorité de parisiens auxquels se sont joints deux Grenoblois. Il se divise en deux groupes, ceux qui sont en formation d'initiateurs (5) et les <<débutants>> au nombre de trois. Nous sommes encadrés par Romain, guide de haute montagne à Chamonix (et aussi un peu Parisien) et Fernando, président de V12.
Une vie très réglée s'établit. Petit déjeuné à 7h00, imposé par le gîte, départ entre 7h30-8h00 pour les courses à ski, fin des courses vers 14h00, installation au café d'Abriès pour le débriefing avec convergence vers la consommation suivante: un café et deux boules de glace à la vanille ! (Le dernier jour les consommations nous seront offertes) retour au gîte, douche, re-débriefing, exposés des initiateurs, apéro, dîner à 19h30 puis préparation des courses du lendemain avec récupération de la météo sur internet et visite de Skitour pour se donner des idées. On notera que les soirs de préparation, on pourrait se croire dans une start-up, ordinateurs portables en nombre, connexion Wi-fi, cartes étalées sur les tables. Les grenoblois sont manifestement plus aguerris que les parisiens, Skitour, sites météo, logiciels de tracé de courses n'ont pas de secrets pour eux. L'isotherme zéro va monter toute la semaine et les bulletins de neige identiques en risque 2-4 vont se succéder chaque jour. Le dernier jour nous entendrons et verrons les premières marmottes au soleil.
Pour dérégler cette belle mécanique, il suffit ensuite de laisser la montagne agir et s'amuser à vouloir ne pas ressembler à son image de papier fournie par l'IGN. Il faut dire que la perversion des montagnes du Queyras c'est la forêt de mélèze, un piège à la montée où il est facile de se perdre et un piège à la descente quand la neige est devenue lourde profonde et impossible à skier sauf pour le guide chamoniard et Bastien le grenoblois (qui skie cependant trop serré). Bref, un premier groupe ratera son chemin et finira sur une autre course que celle prévue initialement. Et l'incident dit de la clairière viendra perturber une autre course. Pour résumer, Les deux initiateurs partent chacun sur deux pistes sans se concerter, l'encadrant s'éloigne vers une position plus ouverte pour voir où il est. Restent au milieu de la clairière les trois débutants un peu abasourdis car eux savent où ils sont ! La course se termine cependant par une magnifique arête que nous suivons vers le sommet et par une descente dans une neige de qualité optimale (si, si, Romain, elle était trop bien notre neige). Pour être complet il faut rajouter que nous étions ce jour-là accompagné par Momo (guide) tout juste remis d'une opération du genou mais qui resta juste en observateur silencieux et manifestement amusé de la situation.

Cette succession de courses où les initiateurs passent par binôme avec les débutants est bien sûr riche d'enseignements. Romain n'est pas dans un rôle de guide mais dans un rôle d'enseignant. Il va sans dire qu'il maîtrise son domaine à la perfection mais qu'il est soucieux de la transmission de son savoir et sait alterner causticité, sérieux, ironie et pédagogie. Bref, si un chef de l'Ensa tombe sur ce blog, il saura où trouver un prof de talent.
De tout cela, j'aimerais pour ma part retenir principalement le point suivant : il faut être rigoureux, prévoyant, attentif à la sécurité, ponctuel mais ne pas laisser cela déborder vers le stress et toujours avoir présent à l'esprit qu'on est en montagne pour le plaisir d'y être et de savourer ces instants. Si on emmène des débutants en montagne pour du ski de randonnée notre objectif doit être qu'ils aient ensuite envie d'y revenir.
Le stage se termine par un dé-briefing final avec tour de table, le truc que je déteste le plus au monde (il y a deux sortes de matheux, les autistes et les autres). Tous les initiateurs sont validés, même si pour certains il leur est conseillé une saison en co-organisation. Les débutants se mettent à penser qu'à leur tour ils pourrons revenir pour devenir initiateurs. Nous repartons vers le monde bruyant et animé de la capitale. Dans leur housse mes Shaman Movement (skis) s'endorment, ils rêvent peut-être du jour où ils se transmuteront en Volkl. Je me mets à repenser au Japon et à Fukushima. Paris à un air de printemps et de fête. JPC
Commentaires
Rhaaaa, tchoummmm.
2 précisions.
1/ il ne s'agit point d'un virus mais d'une vilaine bactérie volatile, contagieuse et toute sensible aux antibiotiques (pas automatique mais, systématique dans ces cas)
2/ Je ne sais pas à quelle clairière tu fais allusion. Sûrement par ce que je ne l’ai pas vu…
Pas le temps!
3/ C'est vrai que Bastien ski beaucoup trop serré. (Ça fait un de trop mais je ne suis pas autiste)
4/ Mes légendes 4800 sont en réfection de et préparation d’hivernage après l’annulation du pic de l’étendard. Mise en pratique du chapitre renoncement (et toujours pas autiste).
Finalement, 5/ il ne faut pas se tordre la cheville en allant à la pharmacie.
Ça fait mal et en plus, je passe sur le billard le 4 Mai pour reconstruire les ligaments que je n'ai plus.
Merci Jean Phi pour ce beau poste qui me replonge aussi facilement et joyeusement dans cette merveilleuse semaine.
Bien à vous,
Toff'
Merci Jean-Phi pour ton récit.
Merci Cora pour ton hospitalité.
Merci la météo pour le soleil que tu nous as offert.
Merci pour les cornichons.
Merci au président pour l'organisation.
Et merci à toute l'équipe pour sa bonne humeur,
Odile J.